Information détaillée concernant le cours
| Titre | L'analyse conversationnelle ‘interventionniste’ |
| Dates | 2 journées en septembre 2026 (dates à confirmer) |
| Responsable de l'activité | Anne-Sylvie Horlacher |
| Organisateur(s)/trice(s) | Prof. tit. Anne-Sylvie Horlacher, Université de Neuchâtel Prof. Marcel Burger, Université de Lausanne Prof. Simona Pekarek Doehler, Université de Neuchâtel |
| Intervenant-e-s | Invité·es suggéré·es : Prof. Laurent Filliettaz, Université de Genève Prof. Katia Kostulski, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) - Centre de Recherche sur le Travail et le Développement (CRTD, EA4132), Paris Prof. Paul Drew, University of York |
| Description | L'interaction est au cœur même de la sociabilité humaine : c'est à travers l'interaction sociale que nous négocions nos identités réciproques, accomplissons des activités professionnelles ou privées, et partageons nos connaissances les plus diverses. À ce titre, l'interaction sociale constitue un objet d'investigation central en sciences humaines et sociales. Dès le milieu des années 1970, l'Analyse Conversationnelle (désormais AC) (Sacks, Schegloff & Jefferson 1974) s'est imposée comme la tradition de recherche phare dans ce domaine, en se donnant pour tâche de décrire les règles qui sous-tendent le fonctionnement des interactions en face-à-face. Avec l'émergence, dans les années 1990, des Workplace Studies (Drew & Heritage 1992), les chercheurs en AC ont porté un intérêt croissant aux interactions menées en contexte professionnel. L'outillage méthodologique développé au sein de la discipline, et notamment l'analyse micro de pratiques réelles filmées, se sont avérés particulièrement pertinents pour identifier et décrire les pratiques interactionnelles mises en oeuvre par les professionnels dans leurs situations de travail. Ce type de démarche a ainsi permis d'accéder à une compréhension plus fine des compétences interactionnelles déployées dans le réel de l'activité. Si une vaste tradition de recherche en AC s'est intéressée aux pratiques interactionnelles dans divers contextes institutionnels, ce n'est que récemment qu'une réflexion a vu le jour sur la manière de mettre ce type de méthodologie au service de la formation et du développement professionnel (cf. toutefois les études pionnières de Stokoe 2014 ou de Filliettaz 2015). A travers différents dispositifs de formation (jeux de rôles, participation à des data sessions, visionnages de séquences vidéo en situations de travail, auto- et hétéro-confrontation, etc.), les acteurs du champ professionnel sont amenés à réfléchir aux enjeux interactionnels inhérents à leur activité de travail dans le but d'améliorer leurs pratiques. Les outils théoriques et méthodologiques de l'AC sont ainsi réinvestis dans une perspective pratique et formative au service de corps de métiers dont le travail implique souvent une forte composante langagière et relationnelle (santé, service, social, etc.). Parmi ces programmes de formation, on peut citer – dans le monde anglophone – la méthode CARM (Conversation Analytic Role-play Method) de Stokoe 2014 pour la formation des médiateurs ; la méthode CABS (Conversation Analysis Based Simulation) de Pilnick et al. 2023 dans la prise en charge de la démence ; les travaux d'O'Reilly 2020 pour une meilleure approche de l'autisme ; ceux de Sert (2021) pour la formation des enseignants ; la création de la plateforme RealTalk (p.ex. Parry, Whittaker, Pino, Jenkins, Worthington & Faull 2022) pour améliorer la communication avec les patients en fin de vie ; les travaux de Wilkinson 2006 pour la rééducation de l'aphasie, etc. Dans le monde francophone, on évoquera les études de Nguyen, Frobert & Favrod (2020) ou encore Berger & Horlacher (à paraître) pour la formation des infirmières, celle de Filliettaz & Zogmal (2021) pour les éducateurs de la petite enfance, ou encore celle de Kotulski (2021) sur l'efficacité au travail en usine ou dans le monde judiciaire. Dans la lignée de ces recherches, menées dans le cadre d'une Analyse Conversationnelle dite appliquée (Antaki 2011), impliquée (Berthoud & Burger 2014) ou interventionniste (O'Reilly 2020), l'école doctorale propose de réfléchir aux différentes manières d'accompagner les acteurs du champ professionnel dans le développement de leurs compétences interactionnelles, en imaginant des dispositifs concrets. Sans formuler de recommandations prêtes à l'emploi, l'école doctorale explorera les conditions d'un dialogue fertile entre recherche et terrain. L'école doctorale comportera trois types d'interventions : des conférences plénières données par des chercheurs de renom dans le domaine, une série de sessions de travaux en cours présentées par les doctorants, ainsi que des tables rondes. Le séminaire s'adresse aux étudiants et chercheurs intéressés par les interactions sociales et curieux quant à la façon d'implémenter pratiquement le fruit de leurs recherches académiques dans divers contextes professionnels (logopédie, enseignement, médecine, etc.). |
| Lieu |
Leysin |
| Information | |
| Places | 13 |
| Délai d'inscription | 01.09.2026 |